jeudi 12 novembre 2009

Quand unE Goncourt dit tout haut ce que beaucoup pensent tout bas

On peut expliquer la "débandade" de Mitterrand qui se met sur le plan privé pour "intervenir" -quel grand mot- dans ce débat : chat échaudé craint l'eau froide ?
Mais mon esprit mal tourné diraient certain-e-s voit que pour défendre une femme artiste, il n'est pas aussi prompt que pour ses camarades hommes (et lui-même)... L'hypocrisie dont il fait preuve est assez énorme : dire que la "polémique est anecdotique" alors que le gouvernement dont il fait partie lance un grand débat sur "l'identité nationale" et qu'un député -qui était tombé dans nos oubliettes- de la majorité essaie de se faire mousser en appelant au "droit de réserve" des écrivains sur la politique -et en particulier sur celle de notre gouvernement-qu'il-ne-faut-pas-critiquer-, hé bien, c'est un peu (encore) se foutre de nos gueules !
Sans parler, comme le souligne Marie N'Diaye, que E.Raoult lui a posé une question écrite à lui, ministre de la culture: il est interpelé en homme politique, l'homme a parlé mais que dit le politique ?


«Je ne retire aucun de mes propos»

Marie NDiaye regrette que le ministre de la Culture n’ait pas répondu sur le fond :
Recueilli par Claire Devarrieux


Marie NDiaye, la lauréate du prix Goncourt avec Trois Femmes puissantes (Gallimard), est de retour à Berlin où elle vit avec son mari, l’écrivain Jean-Yves Cendrey, et leurs trois enfants. Nous l’avons jointe hier après-midi.

Comprenez-vous la réaction de Frédéric Mitterrand ?

Non. Il semble faire de cette histoire une affaire privée entre Raoult, son ami - cet "homme formidable" -, et moi. Ce qui n’est pas le cas. Un député, Eric Raoult, s’est adressé au ministre de la Culture. Nous ne sommes pas dans la sphère privée. Il refuse de répondre en tant que ministre, il donne son point de vue en tant que citoyen, qui pense que tout le monde a le droit de dire ce qu’il veut. Mais ce n’est pas l’avis de l’individu Frédéric Mitterrand qui est demandé.

Retirez-vous quelque chose aux propos que vous avez tenus cet été dans l’entretien aux «Inrockuptibles» ?

Rien du tout. Quand j’ai dit qu’ils étaient excessifs, c’était lundi matin sur Europe 1, et l’entretien ayant été diffusé mercredi, j’ai eu l’air de répondre à Raoult, ce qui n’était pas le cas. Je voulais simplement dire, à propos de "fuir la France", que je ne voulais pas, avec Jean-Yves [Cendrey, ndlr], paraître avoir la posture d’intellectuels des années 30 fuyant le fascisme ! Après avoir entendu Raoult, j’aurais répondu différemment, je n’aurais pas dit que mes propos étaient excessifs.
C’est la première fois que vous êtes mêlée à une polémique très médiatisée. Quel effet ça fait ?

Ce n’est pas le genre de choses que j’aime. Mais voilà, il n’y aurait rien eu de tel sans le Goncourt. Ce n’est pas agréable, mais je ne vais pas me plaindre de ce qui arrive.
Quand on a le Goncourt, on est plus exposé qu’avec le Femina ?
Oui, on l’est encore plus. Je l’ai vu tout de suite à la quantité incroyable de journalistes et de photographes postés devant Drouant [le restaurant où le prix est remis, ndlr]. Et je mesure aujourd’hui aux réactions ce que ce prix a de très particulier.
Pensiez-vous que «Trois Femmes puissantes» connaîtrait à la fois les meilleures ventes et la polémique ?

Non, je ne l’avais pas imaginé. Mais ce qui a créé toute cette histoire avec Raoult, ce sont les propos que j’ai tenus. A priori, cela n’a rien à voir avec le livre, et ça m’étonnerait qu’il l’ait lu ; encore que. Mais sans cet entretien, il n’aurait rien eu sur quoi s’appuyer.

Les propos de ce Raoult sont grotesques, mais l’affaire n’est pas inintéressante. Cela ne me déplaît pas qu’elle ait lieu aujourd’hui, ça force chacun à préciser ses positions.
Vous avez déclaré aux «Inrockuptibles» que «Besson et Hortefeux, tous ces gens-là, je les trouve monstrueux». Pouvez-vous préciser vos positions sur le gouvernement Sarkozy ?

Ce sont, aujourd’hui, celles que j’avais il y a trois mois. Je n’ai pas bougé d’un iota et cette histoire vient confirmer ce que je pense. C’est une belle illustration de ce que je disais.

Il y a un exemple significatif et dangereux de ce qu’est ce gouvernement. C’est la manière dont on organise la traque des sans-papiers. On va chercher les enfants en classe pour les mettre dans des centres de rétention. C’est un exemple particulièrement dur, et c’est ce dont s’occupe le Réseau éducation sans frontières.

Je vois plein de gens qui s’indignent dans leur coin sans que cela prenne la forme d’un mouvement de protestation.
Votre séjour à Berlin, c’est désormais un exil ?

Ça l’est dans les faits, puisque nous sommes là depuis deux ans et demi. Cela dit, nous sommes libres de revenir en France, nous ne sommes pas persécutés ! Mais nous n’en avons pas la plus petite envie.
Etiez-vous à l’ambassade de France pour les festivités de l’anniversaire de la chute du Mur ?

Ah non, je n’ai pas été invitée, je n’ai pas reçu de carton. Mais je n’avais pas imaginé que j’en recevrais un.

«Je n’ai pas vocation à devenir le bureau de tous les pleureurs»

Il est intéressant de voir que LE journaliste ne reprend pas l'intégalité du propos pour le titre «Je n’ai pas vocation à devenir le bureau de tous les pleureurs» et de toutes les pleureuses...
Pourquoi ? parce que pour lui, la règle grammaticale s'applique : le masculin l'emporte ...ok
Mais alors on se dit "waouh ! notre cher ministre, lui, tient compte du genre et veut rendre visibles les femmes : c'est tout à son honneur !" SAUF QUE
il insiste de cette manière que ce sont (surtout ? ) des "pleureuses" qui sont venues
le voir pour l'affaire Orelsan, Polanski, la sienne ?
Il est donc moins étonnant de voir qu'ici, les femmes rendues sont visibles : ce sont des pleureuses ...
Il a dû sûrement beaucoup écouter le dernier titre de Renan Luce "les filles, ce sont toutes des pleureuses" ....



«Je n’ai pas vocation à devenir le bureau de tous les pleureurs»


Frédéric Mitterrand n’entend pas intervenir dans une affaire qu’il juge «dérisoire»:
Recueilli par Gérard Lefort


En déplacement dans l’Isère, le ministre de la Culture a répondu hier après-midi par téléphone aux questions de Libération concernant la polémique entre Marie NDiaye et Eric Raoult.
Comment réagissez-vous à cette polémique entre Eric Raoult et Marie NDiaye ?

En tant que ministre de la Culture, je ne veux pas entrer dans cette petite polémique que j’estime anecdotique et, pour tout dire, ridicule. J’aimerais plutôt parler d’un différend. Sinon, sur le fond, je répète que le prix Goncourt est totalement libre, qu’il n’est pas une institution de la République et que son attribution n’impose à son lauréat aucun devoir de réserve. Imaginer que je puisse douter de cette liberté est grotesque.

En tant qu’écrivain et citoyenne, Marie NDiaye écrit et dit ce qu’elle veut. Mais Eric Raoult, en tant que citoyen et élu, aussi. Ce n’est pas un ami mais un proche, un homme chaleureux qui, dans les deux mois qui viennent de s’écouler, s’est révélé, dans la majorité, un des plus gentils et des plus offensifs pour prendre ma défense. Pour ce que j’en connais, c’est un type entier. J’imagine qu’un matin, il a dû se réveiller en se disant : Mais qu’est-ce qu’elle a à dire du mal de la France, celle-là ? Par ailleurs, c’est un parlementaire qui, en tant que tel, a le droit de poser des questions écrites au ministre de la Culture. Mais imaginer que ce qu’il a exprimé représente le point de vue du pouvoir, de l’Etat, voire du Président, serait totalement absurde.

J’imagine qu’en ce qui concerne les déclarations de Marie NDiaye, il en est de même : ses propos n’engagent qu’elle, ses droits et ses devoirs de citoyenne, et n’entament en rien d’autres images qu’on peut se faire de la France et de l’Etat. En tout cas, on peut toujours en discuter.
En faisant appel à votre jugement et à votre éventuelle condamnation des propos d’Eric Raoult, Marie NDiaye invoquait implicitement autant l’écrivain, le cinéaste ou l’artiste que le ministre…

L’écrivain et l’artiste sont libres, totalement libres. Je crois l’avoir prouvé. Le ministre est tenu à une autre sorte de liberté dans le cadre imposé par sa fonction. Mais sur le fond, je n’ai pas le sentiment que Marie NDiaye ait été attaquée. Le mot «attaque» est trop fort. Eric Raoult est un député qui n’est pas d’accord avec certaines déclarations de Marie NDiaye. Et si à chaque fois qu’un député n’est pas d’accord avec quelque chose, on en fait tout un drame, on n’est pas sorti de ce genre de polémiques que, encore une fois, j’insiste, je trouve un peu dérisoire.
Allez-vous répondre à la question écrite d’Eric Raoult ?

A ma connaissance, cette question devrait être retirée par Eric Raoult. Et je n’aurais donc pas à y répondre.
Vous avez défendu Roman Polanski, mais vous n’intervenez pas dans la «mésentente» entre Marie NDiaye et Eric Raoult…

Il y a une échelle de gravité, sinon plus rien n’a de sens. En tant que ministre de la Culture, je n’ai pas vocation à devenir le bureau de tous les pleureurs et de toutes les pleureuses. Si je cédais au fait d’intervenir sur tout et n’importe quoi, tout le monde me demanderait de prendre partie sur des affaires dont c’est mon droit d’estimer qu’elles ne sont ni cruciales ni déterminantes pour la liberté en France aujourd’hui, et pour la liberté tout court.

mercredi 11 novembre 2009

Il n'y a pas que Nicollin : le modèle hétéro domine le foot, même féminin

Il n'y a pas que Nicollin : le modèle hétéro domine le foot, même féminin
Par Annabelle Kajbaf | Journaliste | 04/11/2009 | 14H48
http://www.rue89.com/rue69/2009/11/04/il-ny-a-pas-que-nicollin-le-modele-hetero-domine-le-foot-meme-feminin?page=1#comment-1126724


« On est des hommes, pas des gonzesses ! » On ne rigole pas avec les genres dans le foot… C'est pas moi qui le dit, c'est Loulou Nicollin, le président du club de foot de Montpellier, dans sa dernière saillie. Pour Rue69, Annabelle Kajbaf met en lumière l'obligation de projeter une image hétéro quand on évolue dans le foot. Camille.

Faire son coming out dans le monde du football, que l'on soit un homme ou une femme, c'est mission impossible. Pour les joueurs, le silence est dicté par la pression des entraîneurs et des sponsors. Quant aux joueuses, c'est parfois leur féminité qui est remise en question.

« Souvent, les joueurs des petites équipes sont exclus après avoir fait leur coming out », témoigne Vikash Dhorasoo, parrain du Paris Foot Gay (PFG). Ce qui dérange, c'est l'image qui est renvoyée. Chez certains supporters, la nouvelle pourrait remettre en question l'amour qu'ils portent à leur équipe.

Et ça, les sponsors l'ont bien compris. Pascal Brethes, président du PFG :

« D'après une étude sociologique [menée par Sylvain Ferez, ndlr], les grandes marques de vêtements sportifs font très attention à leur image. Les joueurs doivent être aux bras de belles jeunes femmes pour rassurer la clientèle. »

Pour financer un club, les gros chèques sont essentiels. Il faut à tout prix éviter qu'un joueur ne porte préjudice à l'équipe : autrement dit, qu'il sorte du placard. Alors l'entraîneur entretient le mal être du footballeur en l'obligeant à se taire. Et ponctue son attitude homophobe à coups de phrases choc en conférence de presse.

Petit florilège des dernières années :

* Marcelo Lippi, sélectionneur italien : « Je n'ai jamais connu d'homosexuels en quarante ans de carrière. »

* Otto Baric, entraîneur de la Croatie : « Il n'y aura pas un seul pédé dans mon équipe. »

* Didier Deschamps, alors entraîneur de la Juventus de Turin, en 2007 : « Je n'aime pas le rose, car c'est la couleur des gays. » Avec ce raisonnement, on peut conclure que les rugbymen du Stade français sont bisexuels : leur maillot est bleu… et rose !

Trois joueuses de l'équipe de France féminine posent nues

Pour prouver leur féminité -et avec leur hétérosexualité ? -, les footballeuses de l'équipe de France ont fait tomber le maillot. De quoi faire concurrence aux gros plans de France télévisions sur les petites culottes des joueuses à Roland Garros : trois joueuses de l'équipe nationale ont accepté de poser nues au mois de septembre pour une campagne d'affichage nationale.

Pour Bruno Bini, sélectionneur de l'équipe de France de football féminin, il s'agit là d'« une campagne un peu novatrice ». L'idée, lancée par la Fédération française de football (FFF) a suscité une vive émotion dans le milieu.

Première interrogation : la beauté est-elle un critère pour rendre la discipline intéressante ? Non, répond Bruno Bini. « L'important, c'est une belle équipe, pas une équipe de belles », déclare-t-il dans But Lyon.

L'essentiel, dans le football, c'est le jeu et la technique, non ? Chez les femmes, l'image aussi joue un rôle-clé, répond Bruno Bini : « En dix ans, les chignons soignés ont remplacé la coupe porc-épic. Plus les filles donneront une bonne image, mieux ce sera. » Il précise : « Au niveau du jeu. »

On se dit qu'en mettant en avant la féminité de ses pratiquantes, la discipline « rassure » aussi le public sur leur hétérosexualité. Le message serait « bien foutues = hétéros » ? Bruno Bini ne répond pas sur ce point.
« Plus les filles donneront une bonne image, mieux ce sera »

Quant à la campagne dénudée, qu'en ont pensé les parents des gamines qui admirent leurs aînées ? « Figurez-vous que ça a beaucoup rassuré les parents qui inscrivent leurs filles dans les clubs amateurs. » (On imagine la scène : « mais oui ma chérie, toi aussi tu pourras montrer tes charmes sur une affiche grand format, même si tu joues au foot ».)

Paul Piemontese, le dirigeant de l'équipe de l'OL féminin, voit les choses d'une autre manière :

« Il y a dix ans, les filles portaient des treillis larges, elles se tenaient bossues. C'était pour se protéger et pour cacher leur corps. Je leur ai dit : “Soyez-vous même ! ” Au fur et à mesure, elles ont changé de look, comme pour s'émanciper.

Quand il y a des cérémonies à la mairie, elles sont élégantes et très féminines. Pareil lorsqu'on est en déplacement. Et ça, c'est parce qu'on les a traité avec respect. »

Certes, il existe des lesbiennes dans l'équipe de Lyon, mais Paul Piemontese ne s'y intéresse pas trop : « Je leur parle comme à des femmes, non à des filles. Leur vie privée ne me regarde pas. »

Quant aux photos officielles de l'équipe destinées aux séances de dédicaces, elles ont été prises pendant les matchs. Avec des shorts, des chaussures et des maillots.

« Ce que je souhaite, c'est le droit à l'indifférence »

Mais la dominante hétéro du foot est parfois contestée, et le gay friendly marque des points : certains respectent les différentes sexualités voire en font leur business, comme David Beckham en slip moulant pour Armani, ou Yoann Gourcuff dans Têtu. Pour le PFG, c'est la créatrice de mode Agnès B et le designer Philippe Starck qui ont crée les maillots.

Pascal Brethes estime que c'est un bon début. Mais il voudrait que les mentalités changent davantage :

« Ce que je souhaite c'est le droit à l'indifférence. Que tout le monde se foute de l'homosexualité de l'un ou l'autre. »

Et que tout le monde ne s'occupe d'une seule chose : le jeu.

L'autorisation d'adopter pour une homosexuelle ravive le débat politique

L'autorisation d'adopter pour une homosexuelle ravive le débat politique
LEMONDE.FR avec AFP et Reuters | 11.11.09 | 15h02 •

Au lendemain de la décision rendue par le tribunal administratif de Besançon, qui ordonne au conseil général du Jura de délivrer à une enseignante homosexuelle un agrément d'adoption dans les quinze jours, tour d'horizon des réactions des responsables politiques.

Bien que la décision du tribunal n'accorde pas d'agrément au couple mais bien à la seule demandeuse, ce qui n'est pas une première, le débat se place sur le terrain de l'adoption par les couples homosexuels. "Le jugement rendu n'est pas une reconnaissance du droit à l'adoption pour les couples homosexuels, mais le simple rappel qu'en droit français, un célibataire peut obtenir un agrément en vue de l'adoption, a souligné Michèle Tabarot, présidente du Conseil supérieur de l'adoption et députée UMP des Alpes-Maritimes. Dans l'affaire en question, il n'y aura qu'une mère adoptive et sa compagne restera un tiers vis-à-vis de l'enfant", a-t-elle insisté.

Blog Homosexualité et adoption : rien de nouveau sous le soleil (346)
Compte rendu Le Nouveau Centre favorable au mariage homosexuel
Compte rendu Le gouvernement reste opposé à l'adoption par des homosexuels
Les faits La justice autorise l'adoption d'un enfant par une homosexuelle
Les faits La maire de Montpellier veut que le mariage s'ouvre aux homosexuels
Les faits La justice donne à deux homosexuelles la délégation d'autorité parentale avec exercice partagé


© expression publique

À DROITE

Le président du Nouveau Centre et ministre de la défense, Hervé Morin, est "favorable" à l'adoption d'enfants par des couples homosexuels. "L'amour d'un couple, c'est beaucoup mieux que les services de la DDASS." "Ce qui compte, d'abord et avant tout, c'est l'amour que peut avoir un enfant, quelle que soit la configuration du couple", insiste-t-il.

La secrétaire d'Etat chargée de la famille, Nadine Morano, a déclaré qu'"il n'y a pas de projet pour réformer l'adoption en faveur des couples homosexuels. C'est un engagement du président de la République", tout en ajoutant qu'"il faudra ouvrir le débat, pourquoi pas lors de la prochaine élection présidentielle en 2012" et "sortir de l'hypocrisie qui existe en France".

Le porte-parole du gouvernement et ministre de l'éducation, Luc Chatel, a rappelé "que le gouvernement a eu l'occasion de dire à plusieurs reprises – le président de la République lui-même s'est exprimé sur le sujet – que nous n'étions pas favorables à l'adoption d'enfants par les couples homosexuels".

Dans un communiqué, Christian Vanneste, de l'UMP, a condamné "la malheureuse décision" du tribunal qui "fait l'objet de l'habituel rouleau compresseur médiatique du groupe de pression homosexuel".

"Dès qu'il y a un enfant, il faut un papa et une maman", a déclaré le député UMP Eric Raoult à l'Assemblée.

Dans un communiqué, Marine Le Pen, vice-présidente du FN, écrit : "Ainsi donc, sans que les Français ni leurs représentants élus n'en aient décidé, sur simple décision d'une instance européenne et de la Halde, structure technocratique sans légitimité démocratique, on assiste à un bouleversement du droit de la famille." "Comme dans l'affaire [Frédéric] Mitterrand, cette décision consacre la disparition d'une certaine morale d'Etat et le triomphe d'une société hédoniste où les volontés de certains adultes priment sur les droits légitimes des enfants."

À GAUCHE

Le député socialiste Patrick Bloche, affirme que "la société est prête à accepter que des couples homosexuels adoptent des enfants. La loi doit être modifiée". M. Bloche parle d'une "jurisprudence qui oblige le législateur à prendre ses responsabilités". "Quand le législateur le veut, il peut être en phase avec la société. Le pacs en est l'exemple fort", a ajouté celui qui fut rapporteur de la loi sur le pacs il y a exactement dix ans.

Le député-maire Noël Mamère (Verts) qui, en 2004, avait symboliquement célébré un mariage entre deux hommes dans sa mairie de Bègles en Gironde, salue "une grande victoire. C'est le rêve que le droit est en train de rejoindre la société. Le combat mené par des avocats et un certain nombre d'entre nous est maintenant une réalité reconnue par le droit". "C'est un pas très important qui vient d'être franchi. Nous espérons surtout que ce symbole deviendra réalité pour les couples homosexuels qui demandent la reconnaissance de leur droit de parent", ajoute-t-il.

Le Parti communiste français "espère que cette décision fera jurisprudence en France et dans tous les pays de l'Union européenne". "L'adoption par des célibataires est autorisée en France, et il n'est fait nulle part mention de l'orientation sexuelle de l'adoptant dans les textes réglementaires. Le rejet par l'administration française des demandes répétées de cette femme, institutrice, n'était donc motivé que par des préjugés homophobes", selon le PCF.

DU CÔTÉ DES ASSOCIATIONS

Sous le titre "Adoption par un couple d'homosexuelles : 11 ans de procédures judiciaires contre la discrimination homophobe !", SOS homophobie se réjouit dans un communiqué "de cette victoire contre l'homophobie".

L'association militante Homosexualités et socialisme "se réjouit, et rappelle que les citoyens interrogés cette année dans le cadre des états généraux de la bioéthique se sont exprimés, à l'unanimité, en faveur de l'ouverture de l'adoption aux couples de même sexe."

Pour la Confédération nationale des associations familiales catholiques (CNAFC), "l'éducation d'un enfant et en particulier le processus progressif de la découverte et de l'affirmation de son identité sexuelle, exigent plus que de simples 'référents' de deux sexes, mais bien la présence d'un homme et d'une femme qui entretiennent une relation stable d'amour. Pour la CNAFC, cette décision de justice démontre la nécessité que le législateur clarifie ce qu'est l'intérêt de l'enfant. La CNAFC demande au législateur de prononcer sans équivoque le droit de l'enfant à avoir un père et une mère et de rappeler formellement que ce droit est premier, il prévaut sur tout 'droit à l'enfant'".

GayLib, mouvement proche de l'UMP, "regrette qu'il ait été nécessaire d'en arriver à une décision de justice pour faire reconnaître la capacité des homosexuels à adopter. Puisque cette capacité est reconnue, nous demandons à ce que l'agrément en vue d'une adoption puisse être accordé également aux partenaires d'un pacs. Dans le cadre de l'intérêt de l'enfant, ce qui est valable pour un seul futur parent doit devenir possible pour un couple. Dès lors, de même, rien ne s'oppose à l'adoption par le second parent (parent social homosexuel) pour les enfants, ne disposant aujourd'hui que d'une seule filiation".

Le Collectif contre l'homophobie "se réjouit de la décision de justice rendue ce jour par le tribunal administratif de Besançon. Elle sonne comme un nouveau camouflet pour Jean Raquin, le président du conseil général du Jura. Forts de ces décisions judiciaires et de la jurisprudence désormais établie, nous veillerons à la stricte application du droit par tous les départements français, en effet ceux-ci ne peuvent pas prétexter de l'homosexualité d'un-e célibataire pour refuser un agrément d'adoption lorsque les conditions requises sont remplies".

Le porte-parole de l'interassociative Inter-LGBT, Philippe Castel, salue la décision du tribunal de Besançon et du conseil général du Jura qui s'est engagé à appliquer le jugement, en déclarant : "Il était temps, une autre décision aurait couvert le conseil général de ridicule". "A un moment, il faut arrêter l'hypocrisie, même si ce sont des célibataires qui produisent la demande d'agrément, la réalité est que ces célibataires vivent souvent en couple, et parfois en couple homosexuel", dit-il. "Si un couple homosexuel offre des garanties pour l'accueil d'un enfant, je crois qu'il est temps pour le gouvernement ou les parlementaires d'autoriser par la loi le couple homosexuel adoptant", conclut M. Castel.

Les combats de l'égalité

sur Sud-ouest

Lundi 02 Novembre 2009

DROITS DES FEMMES. Depuis un an, Charlotte Vergereau est chargée de mission aux droits des femmes et à l'égalité. Ses priorités : les violences conjugales et la parité professionnelle
Les combats de l'égalité

Charlotte Vergereau est chargée de mission depuis un an en Dordogne.


Voici un an, Charlotte Vergereau, 28 ans, a succédé à Anne-Marie Plantié au poste de chargée de mission aux droits des femmes et à l'égalité en Dordogne, après avoir travaillé au Conseil régional de la région Centre et en Poitou-Charentes.

Quelle est la situation des femmes dans le département ? Nous avons rencontré Charlotte Vergereau pour faire le point.

« Sud Ouest ».

En quoi consiste votre travail ?

Charlotte Vergereau. J'ai pour mission, sous l'autorité du préfet, d'appliquer dans le département la politique gouvernementale sur l'égalité entre les hommes et les femmes. On a un rôle d'animation et de coordination des acteurs locaux, en partenariat avec tous les services de l'État. Parmi les objectifs gouvernementaux figurent la lutte contre la violence faite aux femmes, l'égalité professionnelle et la diversification des choix d'orientation des femmes.

Qu'en est-il de l'égalité professionnelle entre les hommes et les femmes en Dordogne ?

Quand je suis arrivée ici, je me suis aperçue que deux tiers des demandeuses d'emploi se concentrent sur trois catégories professionnelles : la vente et le commerce, le secrétariat-comptabilité-gestion et les services à la personne. Elles sont très concentrées sur quelques métiers seulement et cela accroît la concurrence. Les femmes en Dordogne sont également très peu qualifiées par rapport à la moyenne nationale ou régionale. Avec l'Afpa (Association pour la formation professionnelle des adultes, NDLR) et le Pôle emploi, nous avons mis en place une journée portes ouvertes le 2 avril dernier, qui visait à étendre le champ des possibles aux femmes en recherche d'emploi, pour qu'elles aillent vers des emplois qui sont traditionnellement consacrés aux hommes. Ces échanges ont touché entre 80 et 90 femmes demandeuses d'emploi. Nous pensons recommencer cette action l'année prochaine.

Concernant les jeunes femmes, quels sont vos objectifs ?

On a voulu s'attaquer au problème des inégalités en amont. Hommes et femmes ne choisissent pas les mêmes métiers et, pour changer cela, il faut s'y attaquer le plus tôt possible. Pour le salon Info Sup Carrières, les 10 et 11 décembre, on voudrait faire un focus spécial sur l'orientation des filles vers les filières scientifiques et techniques. En Dordogne, il y a 38 offres de formations professionnelles différentes. Sur ces 38, on retrouve les filles dans 11 d'entre elles et les garçons dans 27. On voit que le champ des possibles pour les filles est quand même très réduit par rapport aux garçons.

Votre autre priorité, c'est la lutte contre les violences faites aux femmes.

La préfecture a une commission départementale d'action et de lutte contre les violences faites aux femmes qui rassemble tous les acteurs de l'accompagnement des femmes victimes de violences. Actuellement, nous menons un travail avec la Ddass (Direction départementale des affaires sanitaires et sociales, NDLR) et l'ensemble des centres d'hébergement de secours du département. C'est une étude pour évaluer les besoins d'accueil d'urgence, toutes violences confondues et à tout âge. Il s'agit de faire un diagnostic et d'évaluer le nombre de places manquantes et sur quels territoires. L'enquête n'est pas finie, elle se poursuivra en 2010 pour affiner un peu les données. Nous avons également mis en place une formation pour les professionnels, qui visait à mieux détecter ces violences et à savoir comment on accompagne ces femmes, dans leur parcours. Cette formation sera reconduite en 2010 parce qu'elle a eu beaucoup de succès.

Un nouveau dispositif pour les hommes violents a été créé.

De quoi s'agit-il ?

Ce dispositif, c'est Halte violences. Ce sont des groupes de responsabilisation financés par le Fonds interministériel de prévention de la délinquance. Pour le moment, ça marche bien et, visiblement, il y a une réelle prise de conscience par les auteurs. Une quarantaine d'hommes est passée par ce dispositif et ils ressortent en se disant « je n'ai pas à me conduire comme ça avec mon épouse ou mon ex-femme, j'ai des problèmes à régler et je vais me faire suivre par un psy ». On obtient cela par la suite mais au départ, ils nient tous en bloc. C'est un groupe de discussion animé par des psychologues, sur plusieurs semaines. On va voir, dans les faits, après une évaluation, puisque c'était expérimental, si les hommes qui sont passés par ce groupe réitèrent leurs gestes ou pas. Cela pourrait être un bon dispositif de prévention de la récidive.
Des coups de pouce pour l'emploi

Deux dispositifs, peu connus, existent pour promouvoir l'emploi des femmes.

Le Contrat pour la mixité des emplois est une aide aux chefs d'entreprise qui acceptent de former et recruter des femmes dans des métiers traditionnellement masculins. Cette aide de l'État est un contrat signé entre le chef d'entreprise, la femme recrutée et le préfet.

Le Fonds de garantie pour l'initiative des femmes (FGIF) est une aide pour favoriser l'entrepreneuriat féminin. Seulement 30 % des créateurs d'entreprises sont des femmes en France. Avec ce fonds, c'est l'État qui se porte caution pour une femme qui souhaite créer ou reprendre une entreprise et qui a besoin d'un crédit bancaire. Plus besoin de la caution de son mari ou d'hypothéquer ses biens ou sa maison pour se lancer. Ce système fonctionne bien auprès des femmes qui souhaitent créer leur emploi.
Changer les mentalités dès le plus jeune âge

Les livres pour enfants non-sexistes ont inspiré un spectacle. (reproduction « sO »)
Les livres pour enfants non-sexistes ont inspiré un spectacle. (reproduction « sO »)

Concernant l'égalité hommes femmes ou les violences, pour Charlotte Vergereau, il faut intervenir dès le plus jeune âge. Elle se réfère ainsi aux pays nordiques qui, en agissant dès l'enfance, enregistrent moins de violences sexistes et de choix stéréotypés de métiers.

En 2009, elle a lancé plusieurs actions qui se poursuivront en 2010. Dans un premier temps, avec le Planning familial de Dordogne, Charlotte Vergereau a initié une formation à destination des personnels des crèches et de la petite enfance. « On veut sensibiliser les personnels qui, à travers leurs pratiques professionnelles, parfois de façon inconsciente, peuvent véhiculer des stéréotypes sexués qui sont enregistrés par les enfants », explique la jeune femme.

L'action, menée sur la Communauté d'agglomération périgourdine (CAP) en 2009, a touché 25 personnes et pourrait s'étendre en 2010 à toute la Dordogne, en partenariat avec la Caisse d'allocations familiales.

Spectacle pour enfants

En 2010, la bibliothèque départementale de prêt, qui a travaillé sur la littérature jeunesse non sexiste, devrait sensibiliser ses bibliothécaires au sujet, au cours de deux sessions de formation.

Enfin, concernant la lutte contre les violences, un spectacle inédit à destination des enfants de grande section de maternelle a été créé.

« En 2009, on a travaillé avec l'inspection d'académie, le Planning familial et une artiste, Liliane Bodin, sur la création de ce spectacle. Ils sont partis de plusieurs contes pour enfants non stéréotypés et ils ont combiné cela pour faire un spectacle qui s'appelle "Au pays des Zuns et des Zunes". Ce spectacle a pour but de sensibiliser les tout-petits. C'est adapté à leur niveau de connaissances et de compréhension. C'est intéressant de voir leurs réactions. On veut les faire réfléchir et dire qu'il n'y a pas de rôles de filles et de garçons, qu'ils sont à égalité. »

Trois représentations expérimentales sont prévues : à Lalinde lundi 9 novembre, vendredi 20 novembre à l'école d'Agonac et lundi 30 novembre à l'école des Quatre Chemins à Périgueux.

L'objectif est de présenter ce spectacle dans d'autres écoles maternelles de Dordogne au cours de l'année 2010.
Auteur : Propos recueillis par Julie Martinez

dimanche 8 novembre 2009

La GLFF s'ouvre aux couples lesbiens

FRANC-MACONNERIE
La GLFF s'ouvre aux couples lesbiens
Cérémonie de présentation d'un couple homosexuel à la Grande Loge Féminine

La Grande Loge Féminine de France (GLFF, principale obédience féminine) a accueilli samedi à Paris pour la première fois une "cérémonie de présentation" d'un couple de femmes homosexuelles, a-t-on appris lundi auprès de participantes.


La grand-maitresse de La Grande Loge Féminine de France
La grand-maitresse de La Grande Loge Féminine de France
"Nous faisons cela parce que ce geste revêt une portée politique, pour faire avancer l'égalité des droits, sans aucune exclusive", a déclaré l'une de ces deux femmes, une enseignante d'une soixantaine d'années qui a préféré conserver l'anonymat.

"Il n'y a pas de persécution ou d'exclusion à la GLFF, mais un non-dit et notre idée est que le couple homosexuel soit normalisé", a-t-elle ajouté.

La cérémonie s'est tenue en présence de délégations de la GLFF et de représentants d'autres obédiences maçonniques ainsi que de la Fraternelle des Enfants de Cambacérès, groupement réunissant des francs-maçons homosexuels de toutes obédiences.

Cambacérès, franc-maçon et homosexuel, devint après le 18 Brumaire deuxième consul de la République. Il prit une part importante à la rédaction du Code civil dont il rédigea le discours préliminaire.

La cérémonie traditionnelle de reconnaissance conjugale permet d'accueillir dans les temples maçonniques les conjoints francs-maçons ou non des adhérents.

La GLFF avait voté en 2005 une modification de ses textes constitutionnels afin que les couples pacsés, qui en étaient jusqu'alors exclus, puissent y avoir accès. Elle devenait ainsi la première obédience maçonnique à inscrire cette égalité des droits dans ses textes et la tradition maçonnique.

La GLFF revendique 11.600 adhérentes et s'affirme comme la première obédience maçonnique féminine mondiale.

AFP
Lundi 11 Septembre 2006

NOUVELOBS.COM | 23.06.2008 | 19:28
La Grande Loge Féminine de France a reçu samedi entre ses colonnes un couple de femmes homosexuelles pour une cérémonie de reconnaissance conjugale.

Une "cérémonie de présentation" d'un couple de femmes homosexuelles a eu lieu samedi à Paris à la Grande Loge Féminine de France (GLFF, principale obédience féminine), apprend-on lundi 11 septembre. Cette cérémonie traditionnelle de reconnaissance conjugale permet d'accueillir dans les temples maçonniques les conjoints, francs-maçons ou non, des adhérents.
Selon l'une des deux femmes, une enseignante d'une soixantaine d'années, "nous faisons cela parce que ce geste revêt une portée politique, pour faire avancer l'égalité des droits, sans aucune exclusive". "Il n'y a pas de persécution ou d'exclusion à la GLFF, mais un non-dit et notre idée est que le couple homosexuel soit normalisé", a-t-elle ajouté.

Une ouverture inscrite dans les textes

Des délégations de la GLFF ainsi que des représentants d'autres obédiences maçonniques ont assisté à la cérémonie, ainsi que la Fraternelle des Enfants de Cambacérès, un groupement réunissant des francs-maçons homosexuels de toutes obédiences.
En 2005, la GLFF est devenue la première obédience à modifier le texte de ses constitutions pour permettre l'accès de ses temples aux couples pacsés.
La GLFF revendique 11.600 adhérentes et s'affirme comme la première obédience maçonnique féminine mondiale.



Cérémonie de présentation d'un couple homosexuel à la Grande Loge Féminine

La Grande Loge Féminine de France (GLFF, principale obédience féminine) a accueilli samedi à Paris pour la première fois une "cérémonie de présentation" d'un couple de femmes homosexuelles, a-t-on appris lundi auprès de participantes.


"Nous faisons cela parce que ce geste revêt une portée politique, pour faire avancer l'égalité des droits, sans aucune exclusive", a déclaré l'une de ces deux femmes, une enseignante d'une soixantaine d'années qui a préféré conserver l'anonymat.

"Il n'y a pas de persécution ou d'exclusion à la GLFF, mais un non-dit et notre idée est que le couple homosexuel soit normalisé", a-t-elle ajouté.

La cérémonie s'est tenue en présence de délégations de la GLFF et de représentants d'autres obédiences maçonniques ainsi que de la Fraternelle des Enfants de Cambacérès, groupement réunissant des francs-maçons homosexuels de toutes obédiences.

Cambacérès, franc-maçon et homosexuel, devint après le 18 Brumaire deuxième consul de la République. Il prit une part importante à la rédaction du Code civil dont il rédigea le discours préliminaire.

La cérémonie traditionnelle de reconnaissance conjugale permet d'accueillir dans les temples maçonniques les conjoints francs-maçons ou non des adhérents.

La GLFF avait voté en 2005 une modification de ses textes constitutionnels afin que les couples pacsés, qui en étaient jusqu'alors exclus, puissent y avoir accès. Elle devenait ainsi la première obédience maçonnique à inscrire cette égalité des droits dans ses textes et la tradition maçonnique.

La GLFF revendique 11.600 adhérentes et s'affirme comme la première obédience maçonnique féminine mondiale.

AFP
Lundi 11 Septembre 2006

samedi 7 novembre 2009

Coupé de lui-même (intersexe)

Société 02/10/2009 à 00h00
Coupé de lui-même
portrait

Arthur. Né avec un vagin et un pénis, cet intersexué a été opéré puis désigné fille, quand il se voyait garçon.



Par JULIA TISSIER

Achaque fois qu’il porte la tasse de thé vert jusqu’à ses lèvres, on a la sensation que son poignet va se briser. Lorsqu’il est arrivé au café, en claudiquant, on l’a reconnu à sa silhouette fluette et ses traits androgynes. Brun avec de grands yeux verts, le visage anguleux et d’épais sourcils, Arthur, 31 ans, en paraît dix de moins. Le jeune homme est né avec une ambiguïté sexuelle. A dominante féminine certes, puisqu’il possédait un vagin. Mais un pénis aussi. Ou un clitoris hypertrophié. Tout dépend du point de vue. A l’époque, les médecins ont tranché pour le sexe féminin. Coupé, le bout en trop. Mauvaise pioche : plus de vingt ans après, Arthur s’est fixé au masculin. Il vient de créer une association de soutien aux intersexués.

L’hermaphrodite, c’est d’abord une légende. Fils du dieu Hermès et de la déesse Aphrodite, Hermaphrodite hérite de leur beauté et des deux sexes. Mi-homme, mi-femme. Un mythe intrigant relancé au mois d’août à Berlin, lors des championnats du monde d’athlétisme, autour du cas Caster Semenya. La voix masculine et le corps puissant de l’athlète sud-africaine, reine du 800 m, ont suffi à lancer la polémique sur son identité sexuelle féminine. Loin du terme poétique de la mythologie grecque, la médecine d’aujourd’hui parle, elle, de «désordres du développement sexuel». Chaque année, environ 200 personnes naissent avec une ambiguïté génitale. C’est peu au vu des 800 000 naissances annuelles en France.

Organes sexuels malformés, verge trop petite, clitoris trop gros, testicules sous-cutanés ou vagin inachevé, les intergenres sont inclassables. Les causes ? Diverses : physiologiques, hormonales, génétiques. Nonobstant, la société n’appréhende que deux genres : le féminin et le masculin. Le reste, même s’il existe, dérange. C’est sans doute pour cela que les intersexués sont, dans la majorité des cas, opérés rapidement. La priorité : leur attribuer un «sexe d’élevage» (dixit le jargon médical) au plus vite. Arthur passe au bloc opératoire deux jours après sa naissance. «Pour les médecins, j’étais plutôt une fille.» C’est aussi l’opération chirurgicale la plus simple et puis «mieux vaut un sexe féminin pas totalement réussi qu’un pénis moyennement fonctionnel, explique Julien Picquart, auteur d’un livre sur l’intersexuation (1), on est dans un raisonnement sexiste». On coupe un bout du clitoris d’Arthur. Il est élevé au féminin. Et s’appelle Alexandra (2) jusqu’à ses 26 ans.

Aujourd’hui, Arthur se voit comme «un garçon pas terminé. Un jour, on me dit madame, un autre monsieur». Peu importe. Enfant, il subit les remarques de son entourage, amis, professeurs, etc. A 5 ans, il intègre un pensionnat catholique. Sa différence est vite repérée. «Les grandes m’aidaient à me laver et disaient que j’étais bizarre.» Un jour, l’une de ses institutrices lui ordonne de «cacher ça», en désignant son entrejambe. «Je me souviens que ça l’étonnait. A ce moment-là, j’ai regardé ce qu’elle montrait, j’ai touché mon sexe et elle m’a tapé sur la main en me disant d’arrêter.» C’est le début des non-dits. Des questions aussi. «Je me voyais comme un garçon, mais j’acceptais que les adultes me voient comme une fille.» Délicat de questionner sa mère. «Je la voyais peu et elle était contente de m’acheter de belles robes.»

Issu d’un milieu modeste, Arthur consent à dire qu’il est né dans les Yvelines, mais ne précise pas la date exacte ni la ville. Ni toutes celles où il a habité jusqu’à sa majorité. On sait seulement que les déménagements étaient fréquents. Son père, aujourd’hui décédé, ne l’a pas reconnu. Sa mère, qui «travaille dans les assurances», s’est remariée, a divorcé, s’est remise en couple, s’est séparée. Aucun de ses compagnons n’a fait office de père. Sur le lieu où il habite aujourd’hui, Arthur reste évasif. Il tient à protéger l’homme avec lequel il vit depuis deux ans. Un transsexuel, un «female to male». Autrement dit, une femme devenue homme. Il faut insister auprès de ce méfiant pour savoir qu’il est parti en Suède après un baccalauréat littéraire, qu’il a étudié le suédois, exercé la profession d’instituteur et suivi un cursus de journalisme durant une année. Six ans passent. Il envisage de partir en Irlande mais tombe malade : «Je maigrissais, je perdais mes cheveux, donc je suis rentré en France.» Six mois s’écoulent avant que les médecins n’établissent un diagnostic. A l’époque, il a 25 ans. «J’avais un truc comme ça dans le bide», dit-il, joignant ses mains pour former un rond. Un ovaire enkysté. On lui enlève. Arthur reste persuadé que c’est une des conséquences du traitement hormonal qu’il a suivi durant dix ans. A l’adolescence, des maux de ventre douloureux le conduisent à consulter une gynécologue. Sans examen préalable (il refuse de se déshabiller dans le cabinet), «ni échographie ni prise de sang», la gynécologue lui prescrit une pilule fortement dosée en œstrogènes. «Elle m’a dit que ça allait me donner des formes, se rappelle-t-il, je n’avais pas super envie d’avoir des formes mais bon…».

Grâce aux hormones, son corps change. Des hanches. Des seins. Un peu. A ce moment-là, «j’essaie de pousser le côté féminin à fond». Alexandra porte robe et cheveux longs. Plaît aux hommes mais les tient à distance. Met ses interrogations de côté. Essaie d’être à la hauteur du genre qu’on lui a assigné. Jusqu’à cette opération de l’ovaire qui change tout. A l’arrêt des œstrogènes, les «érections», qu’il avait enfant, reviennent. Douloureuses et enivrantes. Il veut savoir, fouille Internet, découvre l’existence des intersexués. Il se sent «perdu», ne comprends pas que «personne ne s’en soit rendu compte», va voir un endocrinologue, médecin spécialiste du métabolisme et des hormones, passe une batterie d’examens. Verdict édifiant : «Vos hormones, masculines et féminines, sont toutes au top. Je ne peux vous classer dans aucune catégorie.» Cette fois-ci, il choisit le genre masculin, et débute, après une hystérectomie, un traitement à base de testostérone. Il aurait dû prendre un peu de muscles mais «ça ne fait pas trop d’effets», sourit-il en secouant ses bras menus. «Ce n’est peut-être pas trop mal d’y aller en douceur.»

A l’état civil, Arthur est toujours Alexandra. Sa demande de changement de prénom a été rejetée. Il fait appel pour éviter les difficultés au quotidien. La Poste, la banque, des détails qui rendent parfois les choses simples inaccessibles. Il ne va pas non plus voter. Au chômage, Arthur s’ennuie, vient de regarder les cinq saisons de la série Queer as folk et s’occupe de l’organisation de la manifestation Existrans, qui aura lieu début octobre.

Sur son carnet de santé, là où l’on écrit habituellement M ou F, on peut lire RAS.

(1) «Ni homme, Ni femme», La Musardine, 2009.

(2) Le prénom a été changé.

Photo Flore Ael Surun. Tendance Floue

En 6 dates



1978

Naissance dans les Yvelines.

1998

Part vivre en Suède.

2004

Revient en France.

2005

Devient Arthur.

Juillet 2009

Fonde avec un ami l’association Orfeo en soutien aux intersexués.

Août 2009

Affaire Caster Semenya aux championnats du monde d’athlétisme, à Berlin.